Interview pour Fleur Sauvage

Avant que vous n’ayez son livre entre vos mains, voici 5 questions + 1 bonus à Julie C. Combe. L’occasion de découvrir une auteure assurément à suivre.

 

– Bonjour Julie. Vous avez été lauréate, en 2014, du prix Espoir Féminin Dora Suarez pour « J’irai brûler en enfer » et votre deuxième roman sortira le 10 octobre.
« Pour que tu me reviennes » est un titre assez éloquent sachant qu’il marque votre retour mais aussi celui de Fleur Sauvage. Cela vous met la pression ou, au contraire, cela vous porte ?

La sortie de mon 2ème roman est un challenge car on m’attend au tournant et il en est de même pour Fleur Sauvage qui revient sur le devant de la scène ! Cela dit ce défi ne m’effraie pas, au contraire : il me donne davantage d’énergie pour défendre ma maison d’édition et mes écrits à venir. J’ai déjà parcouru une bonne partie du chemin en mettant un point final à ce deuxième roman, je ne m’inquiète pas trop pour la suite. J’aurai le temps de voir si ce roman sera une réussite ou un échec. En attendant, je me sens bien entourée et c’est une belle aventure qui commence.

– Votre écriture est empreinte d’une certaine douceur et, pourtant, certaines scènes font appel à ce que l’humain a de plus sombre en lui. Une telle retenue est surprenante venant d’une jeune auteure. Est-ce le fruit de votre travail d’écriture ? Serait-ce l’un des fondements de votre personnalité ?

C’est surtout le fruit d’un travail d’observation. L’être humain est très contrasté et peut être capable du meilleur comme du pire… à différents degrés, bien sûr ! Sans chercher à excuser un criminel, on peut chercher à comprendre les raisons de ses actes, voire même découvrir qu’il regrette les atrocités qu’il a commises. J’ai appris ces nuances en lisant des récits de psychologues travaillant dans l’univers carcéral, en dénichant certains forums dans les sombres recoins du web, etc. Mon objectif était d’approcher leur raisonnement pour tenter de les comprendre. Pour connaître leur manière d’appréhender le crime, leur façon de penser, d’établir un schéma factuel de leur parcours jusqu’au passage à l’acte… mais sans jamais les justifier.

– Vous avez dû vous faire violence pour écrire certaines scènes ou définir certains personnages ?

J’ai eu beaucoup de mal à écrire les scènes de Boogeyman, c’était au-delà de mes limites. Pourtant, j’avais besoin de ce personnage dans la construction de l’histoire. En abordant (de loin) le thème de la pédopornographie, je savais que je m’engageais sur un terrain glissant. L’aborder du point de vue du criminel était encore plus compliqué. Certaines personnes ayant contribué aux corrections de ce roman m’ont conseillée d’aller encore plus loin dans ces scènes. De choquer davantage par la violence, l’utilisation de mots crus, de me détacher complètement de l’écriture… mais c’était insoutenable pour moi. Tout d’abord parce que je suis une femme et que je m’identifie d’autant plus à ces victimes, mais c’était aussi une question de respect envers toutes les personnes qui ont été abusées. C’est une réalité. On n’est pas dans un porno où il suffit d’arrêter la vidéo pour que la tragédie prenne fin. Hors de question pour moi, donc, de me complaire dans ce genre de violence même pour les besoins de l’écriture. Je ne voulais pas aller plus loin avec ce personnage parce que j’en étais incapable. Et puis, pas besoin d’en faire des tonnes pour vendre son speech : parfois, la subtilité et la simplicité suffisent.

– Préface de Barbara Abel… Vous vous sentez proche de cette auteure ? Quelles sont vos autres influences ?

J’ai rencontré Barbara en la lisant, pour commencer. J’étais très fan de son univers, de sa facilité à décrire l’horreur du quotidien, à le transformer en faits divers. Je me souviens d’un timide message que je lui avais écrit après la lecture d’Après la fin pour lui dire à quel point ce roman m’avait sciée. Elle m’avait répondu avec beaucoup de gentillesse et ça m’avait comblée. Si j’avais su…
Lorsque Pour que tu me reviennes a trouvé sa place chez Fleur Sauvage, on m’a demandé ce que je pensais d’une préface d’un page-turner. Évidemment, l’idée m’emballait, mais quand on a soumis l’idée que Barbara puisse la signer, j’étais aux anges ! Vous imaginez ?
J’avais du mal à réaliser. Et puis un jour, on a eu une longue discussion au téléphone : elle avait lu mon livre et planchait désormais sur son debriefing pour me faire part de son avis et de ses bons conseils. Plus j’avais l’impression de lui faire perdre son temps, plus elle le prenait pour améliorer ce roman ! Le monde de la littérature manque d’auteurs généreux et pleins d’humilité comme elle. Et si l’on devait avoir un point commun, hormis notre passion pour l’écriture, ce serait l’importance que l’on accorde à la famille. Autant sur papier que dans notre sphère privée.

– Justement, avec l’enfant au Rubik’s Cube ou via les Saintclair, le thème de la famille se trouve au cœur de ce récit. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

La famille n’était pas le thème de prédilection lorsque j’ai commencé l’écriture de ce livre. Il s’est généralisé au fil des pages de manière inconsciente. Au final, j’ai décliné sous plusieurs nuances l’amour que l’on peut porter à sa famille. C’est une valeur ancrée profondément en moi et ce n’est qu’en prenant un peu de recul que je me suis aperçue qu’il avait volé la vedette au Rubik’s cube !

– Ce qui nous mène à la question bonus : Vous êtes une adepte du Rubik’s Cube ?

Sans aucun doute, même s’il m’a souvent donné du fil à retordre !

Un commentaire

  1. beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. J’aime beaucoup. je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon blog. au plaisir

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