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Interview pour le salon Fantasy en Beaujolais

Interview du jour : Julie C Combe

 

Ta biographie :
Julie C. COMBE est née au début des années 90 et mène une carrière professionnelle dans le domaine de la Communication. Telle un Rubik’s cube, sa vie est morcelée en petits compartiments qui forment une entité complexe. Elle partage son temps entre la danse, l’écriture, l’audiovisuel, quelques accords de guitare et bien sûr, son entourage. Initiée très tôt à la lecture de polars, elle commet son premier meurtre sur papier à l’âge de 15 ans avec plusieurs nouvelles. Quelques années plus tard, son premier roman J’irai brûler en Enfer est publié aux Éditions Velours. Ce 1er roman lui vaut le prix Espoir Féminin Dora-Suarez en 2014. Fin 2017, son 2ème roman : Pour que tu me reviennes, est publié aux Éditions Fleur Sauvage.

Ton autobiographie :
Je suis née dans les années 90, l’époque des meilleurs Disney. Depuis, j’ai grandi (un peu !) et travaille la Com’ en plus d’écrire, danser et réaliser des vidéos. Casier judiciaire : 1 nouvelle + 2 romans publiés à ce jour. Malgré les apparences, je ne suis pas toujours dangereuse. Cordialement. Des bisous.

Quel a été le déclic qui t’a fait écrire ta première histoire ?
Le trop plein d’images qui circulaient dans ma tête. Il fallait que ça s’arrête, alors j’ai pris un papier et un stylo et j’ai griffonné jusqu’à ce que mon imagination me laisse en paix (c’est-à-dire jusqu’à la prochaine idée de roman !).

Quelle est ta principale source d’inspiration ?
Je cherche avant tout à m’inspirer de méthodes de travail pour faciliter l’écriture et la construction de mes intrigues. L’inspiration pour l’histoire en elle-même est plus difficile à définir. Souvent un élément du quotidien m’interpelle, me bloque pendant quelques instants le temps d’extrapoler et de le déformer, puis s’insère (ou pas) dans une idée un peu plus grande qui deviendra plus tard le contexte du roman.

Comment construis-tu tes personnages ?
Je cherche dans un premier temps à leur donner un caractère imbuvable. Si je trouve ce qui les rend insupportables aux yeux des autres, alors je peux commencer à travailler sur leurs qualités et tisser leur histoire. Si je commençais par le plus facile en travaillant sur leurs bons côtés, ils n’auraient aucun relief et aucun intérêt pour le lecteur. Les gens uniquement sympas et faciles à vivre, ça n’existe pas. Donc dans mes romans non plus.

Si tu étais l’un de tes personnages, lequel serais-tu ?
Le lieutenant Santana peut-être. On vit dans le passé parce qu’on a du mal à digérer certains pans de notre histoire… et ça nous rend associables. Je ne me suis pas inspirée de ma vie pour créer ce personnage ou son vécu, mais je suppose qu’on est proches.

Lis-tu beaucoup? 
Tous les jours. Je prends les transports en commun pour me rendre sur mon lieu de travail. Deux fois 45 minutes de trajet, ça laisse le temps de tourner des pages ! Mon drame du matin, c’est de partir avec un livre que j’ai terminé la veille quand j’oublie d’en mettre un nouveau dans mon sac !

As-tu une recette de cuisine pour écrire ?
Je suis très lente pour écrire car je passe le plus clair de mon temps à dessiner des plans, faire des recherches et construire mes personnages avant de me lancer. Ce n’est pas vraiment une recette ou un rythme de travail que je m’impose, ça vient comme ça.

As-tu des anecdotes de lecteurs qui t’ont marquées ?
Quand je présente mon 1er roman, J’irai brûler en Enfer, je commence toujours par situer le lieu et l’époque : Londres, époque victorienne. En dédicace, une dame s’est approchée pour savoir ce que j’écrivais. Je commence donc par : « Ça se passe en 1888, et… » je n’ai pas eu le temps d’en dire plus, elle était déjà partie, horrifiée. Si elle savait ce qui s’est passé dans les ruelles de Londres en Août 1888, elle doit toujours courir !

En moyenne combien de temps te faut-il entre l’idée d’un nouveau roman et sa publication ?
Trois ans. Comme je l’ai dit précédemment, je mets beaucoup (trop ?) de temps avant de mettre un point final à un roman.

Un film qui t’a marqué ?
Huit femmes, de François Ozon. Polar, français, musical et bien ficelé.

Si ton personnage principal était adapté au cinéma, quel acteur verrais-tu pour l’incarner ?
Aucune idée pour les personnages de Pour que tu me reviennes… En revanche, pour mon roman précédent : J’irai brûler en Enfer, je verrai bien Helena Bonham Carter pour le premier rôle.

As-tu d’autres passions que l’écriture ?
La danse et la vidéo. Je pratique la danse depuis que j’ai quatre ans et je suis 3 à 4 cours par semaine… dans l’école de ma maman ! Je fais du classique et du modern jazz en concours. Outre le côté familial, c’est une véritable histoire d’amour entre la salle de danse et moi. D’autre part, l’audiovisuel est une passion que j’ai développée seule. Je fais beaucoup de vidéos pour mes spectacles de danse et dans le cadre du polar également. J’ai fait chauffer ma caméra pour l’association Dora-Suarez (qui s’active dans la promotion de la littérature noire), mais aussi pour moi. J’ai d’ailleurs réalisé le teaser de mon dernier roman Pour que tu me reviennes.

As-tu un nouveau projet d’écriture ?
Oui, je travaille sur le premier tome d’une série. Dans un univers très différent de ce que j’ai pu aborder jusque-là.

Questions bonus :

Quel est ton pire ennemi ? 
Mon manque de confiance en moi.

Qu’est-ce qui te fait le plus peur dans la vie ?
Perdre mes proches. Et monter sur scène. A chaque fois.

Qu’est-ce qui te fait le plus rêver ?
Ces artistes qui vivent de leur(s) passion(s).

Quel est ton principal défaut ?
Je suis pessimiste.

Quelle est ta plus grande qualité ?
Je sais pas… Je suis bosseuse ?

Ta définition du bonheur ?
Une couverture toute douce.

Portrait chinois:  Si tu étais…

Un animal ? Un chat d’appartement, un peu ronchon au réveil.

Un art ? La danse.

Un fruit ? Une framboise : petite et acidulée

Un roman ? Le tome 1 de Level 26 : le premier polar qui a su allier écriture et vidéo.

Un mot ? Merci.

Donne-nous envie de découvrir ton univers.
Je suis très mauvaise à ce genre d’exercice. Mais demandez à ma mère, elle me vend bien.

Interview pour Fleur Sauvage

Avant que vous n’ayez son livre entre vos mains, voici 5 questions + 1 bonus à Julie C. Combe. L’occasion de découvrir une auteure assurément à suivre.

 

– Bonjour Julie. Vous avez été lauréate, en 2014, du prix Espoir Féminin Dora Suarez pour « J’irai brûler en enfer » et votre deuxième roman sortira le 10 octobre.
« Pour que tu me reviennes » est un titre assez éloquent sachant qu’il marque votre retour mais aussi celui de Fleur Sauvage. Cela vous met la pression ou, au contraire, cela vous porte ?

La sortie de mon 2ème roman est un challenge car on m’attend au tournant et il en est de même pour Fleur Sauvage qui revient sur le devant de la scène ! Cela dit ce défi ne m’effraie pas, au contraire : il me donne davantage d’énergie pour défendre ma maison d’édition et mes écrits à venir. J’ai déjà parcouru une bonne partie du chemin en mettant un point final à ce deuxième roman, je ne m’inquiète pas trop pour la suite. J’aurai le temps de voir si ce roman sera une réussite ou un échec. En attendant, je me sens bien entourée et c’est une belle aventure qui commence.

– Votre écriture est empreinte d’une certaine douceur et, pourtant, certaines scènes font appel à ce que l’humain a de plus sombre en lui. Une telle retenue est surprenante venant d’une jeune auteure. Est-ce le fruit de votre travail d’écriture ? Serait-ce l’un des fondements de votre personnalité ?

C’est surtout le fruit d’un travail d’observation. L’être humain est très contrasté et peut être capable du meilleur comme du pire… à différents degrés, bien sûr ! Sans chercher à excuser un criminel, on peut chercher à comprendre les raisons de ses actes, voire même découvrir qu’il regrette les atrocités qu’il a commises. J’ai appris ces nuances en lisant des récits de psychologues travaillant dans l’univers carcéral, en dénichant certains forums dans les sombres recoins du web, etc. Mon objectif était d’approcher leur raisonnement pour tenter de les comprendre. Pour connaître leur manière d’appréhender le crime, leur façon de penser, d’établir un schéma factuel de leur parcours jusqu’au passage à l’acte… mais sans jamais les justifier.

– Vous avez dû vous faire violence pour écrire certaines scènes ou définir certains personnages ?

J’ai eu beaucoup de mal à écrire les scènes de Boogeyman, c’était au-delà de mes limites. Pourtant, j’avais besoin de ce personnage dans la construction de l’histoire. En abordant (de loin) le thème de la pédopornographie, je savais que je m’engageais sur un terrain glissant. L’aborder du point de vue du criminel était encore plus compliqué. Certaines personnes ayant contribué aux corrections de ce roman m’ont conseillée d’aller encore plus loin dans ces scènes. De choquer davantage par la violence, l’utilisation de mots crus, de me détacher complètement de l’écriture… mais c’était insoutenable pour moi. Tout d’abord parce que je suis une femme et que je m’identifie d’autant plus à ces victimes, mais c’était aussi une question de respect envers toutes les personnes qui ont été abusées. C’est une réalité. On n’est pas dans un porno où il suffit d’arrêter la vidéo pour que la tragédie prenne fin. Hors de question pour moi, donc, de me complaire dans ce genre de violence même pour les besoins de l’écriture. Je ne voulais pas aller plus loin avec ce personnage parce que j’en étais incapable. Et puis, pas besoin d’en faire des tonnes pour vendre son speech : parfois, la subtilité et la simplicité suffisent.

– Préface de Barbara Abel… Vous vous sentez proche de cette auteure ? Quelles sont vos autres influences ?

J’ai rencontré Barbara en la lisant, pour commencer. J’étais très fan de son univers, de sa facilité à décrire l’horreur du quotidien, à le transformer en faits divers. Je me souviens d’un timide message que je lui avais écrit après la lecture d’Après la fin pour lui dire à quel point ce roman m’avait sciée. Elle m’avait répondu avec beaucoup de gentillesse et ça m’avait comblée. Si j’avais su…
Lorsque Pour que tu me reviennes a trouvé sa place chez Fleur Sauvage, on m’a demandé ce que je pensais d’une préface d’un page-turner. Évidemment, l’idée m’emballait, mais quand on a soumis l’idée que Barbara puisse la signer, j’étais aux anges ! Vous imaginez ?
J’avais du mal à réaliser. Et puis un jour, on a eu une longue discussion au téléphone : elle avait lu mon livre et planchait désormais sur son debriefing pour me faire part de son avis et de ses bons conseils. Plus j’avais l’impression de lui faire perdre son temps, plus elle le prenait pour améliorer ce roman ! Le monde de la littérature manque d’auteurs généreux et pleins d’humilité comme elle. Et si l’on devait avoir un point commun, hormis notre passion pour l’écriture, ce serait l’importance que l’on accorde à la famille. Autant sur papier que dans notre sphère privée.

– Justement, avec l’enfant au Rubik’s Cube ou via les Saintclair, le thème de la famille se trouve au cœur de ce récit. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

La famille n’était pas le thème de prédilection lorsque j’ai commencé l’écriture de ce livre. Il s’est généralisé au fil des pages de manière inconsciente. Au final, j’ai décliné sous plusieurs nuances l’amour que l’on peut porter à sa famille. C’est une valeur ancrée profondément en moi et ce n’est qu’en prenant un peu de recul que je me suis aperçue qu’il avait volé la vedette au Rubik’s cube !

– Ce qui nous mène à la question bonus : Vous êtes une adepte du Rubik’s Cube ?

Sans aucun doute, même s’il m’a souvent donné du fil à retordre !